J'ai passé mes années d'études penché sur des écrans, à apprendre comment les machines pensent. J'y ai trouvé de la rigueur, le goût des systèmes qui tiennent debout, la patience des choses qui marchent. Et puis, doucement, il m'a manqué le paysage.
Cette reconversion n'est pas un renoncement. C'est un réalignement. Je troque l'algorithme pour l'asphalte, le terminal pour le tableau de bord, la ligne de commande pour la ligne d'horizon. Les massifs remplacent les tableaux de bord analytiques. Les relevés de capteurs deviennent des bulletins météo de col.
Rouler, c'est habiter un temps différent. Celui où l'on regarde vraiment ce qui passe, parce qu'on traverse au lieu de glisser. — Carnet de route, ouverture
Le poids lourd, c'est une vocation qui se parle plus qu'elle ne s'écrit. Conduire une machine de cette masse, apprendre à la connaître, à la sentir dans une descente des Vosges ou une bretelle d'autoroute enneigée — c'est un métier d'attention. Et de responsabilité. Des choses que j'avais appris à cultiver devant un écran, et que je veux désormais exercer sur la route.
Ce site n'est plus un portfolio. C'est un carnet de route. Un préambule à un projet de vie qui va s'écrire kilomètre après kilomètre.